Présentation de l’auberge de jeunesse Adveniat Paris

Débutant un nouveau volontariat au sein de l’auberge de jeunesse Adveniat Paris, je me devais de faire une présentation de l’établissement qui m’accueille. Idéalement situé au coeur de Paris, l’histoire de ce lieu est profondément liée à celle de la congrégation des Assomptionnistes fondée par Emmanuel d’Alzon en 1861.

XIXe siècle

La congrégation des Assomptionnistes, fondée à Nîmes par le père Emmanuel d’Alzon, acquit le 10 décembre 1861, au prix de 171 000 francs un terrain de 1 050 m2 et 15 mètres de façade situé rue François-Ier pour y établir la maison parisienne de la congrégation. Des baux vont être régulièrement consentis, pour permettre à la Congrégation de lotir bien modestement d’abord, à l’automne 1861, ce terrain sur lequel vont être élevée une petite chapelle et aménagées une demi-douzaine de cellules avec les 25 000 francs qui restaient en caisse. Le 25 février 1862, une première messe peut y être célébrée par le père Picard et en mai de la même année le lieu est habité. Selon le père Picard, premier supérieur : « On ne peut pas se permettre de construire une abbaye, on construira une bicoque ! » Il écrivit au père d’Alzon, en exagérant sa misère : « La cuisine est à peine capable de contenir un des gros rats qui abondent dans le quartier. Le parloir refuse de laisser déployer la table ronde. Nous voilà condamnés à être des chevaliers de la table carrée. Les chaises sont commandées, elles seront luxueuses : 3,50 francs pièce, heureusement elles me sont données par une âme charitable ! […] Nous avons fait notre déménagement dans le courant de la semaine. Les chambres servent en même temps de bibliothèque. Le corridor est la grande ressource de la maison. On s’y promène, on y dîne, on y jase, on y met la lingerie, on y met des armoires et des commodes, des cartes de géographie, des tableaux, etc. Une petite Vierge donne un air religieux à tout cet amalgame de vieilleries. »

Quelques agrandissements sont opérés en 1866, un cloître que surmontent cinq petites chambrettes. C’est de là que sort, le 12 juillet 1873, le premier numéro du Pèlerin. En 1874, on construit en arrière, le bâtiment dit Picard, grand couvent à quatre étages. Le 5 novembre 1880, les Assomptionnistes sont expulsés de la rue François-Ier en vertu des décrets pris contre les congrégations religieuses. Les religieux sont accueillis dans diverses maisons du voisinage, notamment la Maison François-Ier, cours la Reine, chez le notaire Février qui en était propriétaire, et dans un pavillon au 37, avenue Pantin. Petit à petit, ils réintègrent leurs locaux de la rue François-Ier. Le quotidien La Croix y est lancé le . Une nouvelle chapelle, la chapelle Notre-Dame de Salut, de la taille d’une église, est construite à partir de 1896 et inaugurée en 1899.

XXe siècle

Mais à la suite des nouvelles mesures prises à l’encontre des congrégations religieuses, les religieux sont à nouveau dispersés dans le quartier en 1900. Les bâtiments de la rue François-Ier sont mis sous séquestre et le gouvernement nomme un liquidateur, M. Ménage. Mais celui-ci a du mal à les vendre car M. Baudon de Mony, au nom de qui l’acquisition a été faite originellement, fait valoir ses droits de propriétaire légal. Il n’est débouté de ses prétentions qu’en 1914. Les Domaines louent alors la chapelle en bonne et due forme à la paroisse Saint-Pierre-de-Chaillot, et les immeubles, d’abord à une école pour peu de temps et ensuite à un garde-meuble, jusqu’en 1923 date à laquelle le liquidateur met enfin en vente la propriété. Le seul acquéreur qui se propose est la Société immobilière Jeanne d’Arc, agissant pour le compte des Assomptionnistes, qui rachète les immeubles à bon prix. La Bonne Presse installe alors divers services dans la maison, et la chapelle peut être de nouveau prise en charge par les Pères de la Bonne Presse. Une communauté ne se réinstalle que le .

L’Institut français d’études byzantines, chassé de Bucarest en 1949, se réinstalle rue François-Ier, rejoint le par l’Institut des études augustiniennes. En 1980, les bâtiments du XIXe siècle sont démolis. La parcelle est divisée en deux et un hôtel, la résidence du Roy, ouvre au no 8. La communauté se réinstalle en mai 1986 sur une emprise plus restreinte, limitée au no 10.

XXIe siècle : l’auberge de jeunesse Adveniat

En 2009-2010, suite au déménagement de l’entreprise de presse Bayard qui quitte la rue Bayard adjacente pour se déplacer à Montrouge, rue Barbès, la maison est totalement transformée. Elle abrite désormais trois réalités gérées par la communauté assomptionniste : l’auberge de jeunesse chrétienne Adveniat, un foyer d’étudiants et la communauté assomptionniste en tant que telle.

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