Perspectives & réflexions : le hors-série numéro 5 de l’Oeuvre d’Orient

Perspectives & réflexions est depuis 2013 une publication annuelle de l’Œuvre d’Orient destinée à tous ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances des chrétiens d’Orient sous l’angle de l’histoire, de la géopolitique, de la théologie et de la pensée.
Selon son rédacteur en chef, Antoine Fleyfel – docteur en philosophie et en théologie, maitre de conférences à l’Institut Catholique de Lille – « cette revue vient combler un vide dans le contexte français où nulle revue universitaire ne se consacre entièrement aux problématiques relatives aux chrétiens d’Orient ». Nous souhaitons « laisser la parole aux hommes de culture qui contribuent à la fécondité des Églises
d’Orient » et « mettre en lumière les travaux de l’intelligence croyante chez nos frères orientaux »confie Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’association et de la publication.

Voici le sommaire du numéro 5 paru en 2017 :

  • Avant-propos Pascal Gollnisch
  • Éditorial Antoine Fleyfel, ”Le patrimoine des chrétiens d’Orient et le monde arabe”
  • Emmanuel Pataq Siman, “Les emprunts lexicographiques au syriaque dans la langue arabe”
  • Jean-Jacques Pérennès, “Les Lieux saints de Terre sainte, entre dévotion et politique”
  • Christian Lochon, “Le patrimoine syrien et irakien en destruction”
  • Samir Arbache, “Interdit de l’image et aniconisme en islam”
  • Samir Hallak & Abdallah Haddjar, “La présence des chrétiens à Alep”
  • Hervé Legrand, “L’Œuvre d’Orient : 160 ans de solidarité chrétienne et de communion ecclésiale dans les flux et reflux de l’histoire”

Je retrouve ainsi dans ce numéro Christian Lochon, qui avant mon départ pour Jérusalem, nous avait – moi et d’autres volontaires – remarquablement introduit à la complexe histoire des Chrétiens d’Orient lors de semaine de préparation DCC à Jambville. Il faut également noter la rétrospective de Jean-Jacques Pérennès sur les Lieux Saints de Terre Sainte qui évoque la complexité d’un dossier où se mêle dévotion religieuse et confrontations géopolitiques.

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Un maître de la critique textuelle : Dominique Barthélemy

La Critique textuelle de l’Ancien Testament de Dominique Barthélemy est le commentaire textuel le plus développé de la Bible hébraïque qui existe aujourd’hui. Il offre aussi l’histoire de l’exégèse ancienne et moderne de très nombreux passages difficiles. Cette œuvre monumentale fut réalisée entre 1969 et 2015. Elle est à la fois le fruit d’un travail collectif, du Hebrew Old Testament Text Project, et d’un auteur individuel, Dominique Barthélemy, décédé pendant le travail. La publication posthume de la rédaction inachevée fut toute une aventure. Ce Cahier de la Revue biblique retrace l’histoire de ce grand projet et situe celui-ci dans la perspective des recherches actuelles sur le texte de la Bible hébraïque.

 

Dominique Barthélemy, né le 16 mai 1921 au Pallet et mort le 10 février 2002 à Fribourg, est un père dominicain et bibliste français. Il entre dans les ordres en 1940 et est ordonné prêtre en 1947. Membre de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, il étudie les manuscrits de la mer Morte et, en collaboration avec Joseph Milik, publie des fragments de manuscrits trouvés dans la grotte 1. Il devient ensuite professeur d’Ancien Testament à la faculté de Théologie et vice-recteur de l’Université de Fribourg. À partir de 1953 il s’intéresse aux rouleaux des petits prophètes et publie en 1963 Les Devanciers d’Aquila, dans lequel il apporte des hypothèses révolutionnaires concernant les traductions et révisions grecques de l’Ancien Testament. Il est également connu pour son ouvrage d’introduction à la lecture de la Bible, Dieu et son image.

 

Le dossier Jézabel par Paolo Garuti

Comme chaque semaine, je vous propose la présentation d’un ouvrage parmi les nouveautés exposées au sein la Bibliothèque de l’École Biblique. Et c’est un professeur de l’École qui est à l’honneur, puisque c’est Paolo Garuti qui a rédigé le numéro 90 des Cahiers de la Revue biblique, Le dossier Jézabel : l’imaginaire de la  » femme royale  » entre Bible hébraïque, cultures hellénisées et monde romain paru en 2017.

Jézabel est une princesse phénicienne, fille d’Ithobaal Ier, roi deTyr et de Sidon. Elle est l’épouse du roi d’Israël Achab qui règne de -874 à -853.

L’histoire de Jézabel est narrée dans la Bible, aux premier et second livres des Rois de l’Ancien Testament. Épouse du roi, elle y est présentée comme une étrangère vicieuse et malfaisante qui incite le roi et le peuple à se détourner de l’Éternel. Après la mort d’Achab, elle est défenestrée ; dévorée par des chiens, sa mort est épouvantable.

Le personnage biblique de Jézabel est comme une silhouette vide sur laquelle s’incrustent presque toutes les images du féminin négatif : séductrice, prostituée, avide du sang des prophètes, faussaire, ou sorcière empoisonneuse. Elle est maudite et cause la ruine de ses fils, elle est écrasée par les chevaux du vainqueur, dévorée par les chiens et privée d’une sépulture qui porte son nom.

Toutefois son histoire n’est pas très différente de celle d’autres femmes de l’antiquité méditerranéenne. Hypostases de la Fortune qui fait et défait les rois, ces femmes appartiennent à des dynasties qui ont perdu leur pouvoir. Elles ont vu assassiner leurs enfants, ou les ont tués elles-mêmes. Leur sang a accéléré la maladie mortelle de la race qui les avait accueillies.

Paolo Garuti, dominicain, Docteur ès Sciences bibliques, est professeur d’Exégèse à l’Université Saint Thomas d’Aquin à Rome et auprès de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem où il dirige les collections Directeur Scientifique des collections Études bibliques et Cahiers de la Revue biblique.

L’Empire perse à la période achéménide

Dans le volume intitulé The Persian Empire : a corpus of sources from the Achaemenid Period, l’historienne Amélie Kuhrt nous aide à mieux comprendre le fonctionnement de l’ancien empire perse. Dans une certaine mesure, cette soif d’expansion et de rayonnement se retrouve encore aujourd’hui dans l’Iran actuel qui est son héritier lointain.

Cet ouvrage contient la collection la plus complète des sources à utiliser pour reconstituer l’histoire de l’empire perse achéménide. L’étude de ce passé a pu auparavant présenté des difficultés parce que les sources originales comprenaient des textes d’origine extrêmement disparates, écrits  dans des langues différentes et à des périodes diverses de l’histoire. Le risque est de s’appuyer trop fortement sur des sources grecques et romaines souvent inexactes. Amélie Kuhrt présente ici une collection sans précédent de textes clés destinée à donner une représentation équilibrée de tous les aspects de l’Empire, avec des traductions tirées du grec, du vieux persan, de l’akkadien, de l’hébreu, de l’araméen, de l’égyptien ou du latin. Kuhrt fait une sélection  parmi les différentes sources : les écrivains classiques, l’Ancien Testament, les inscriptions royales, les documents administratifs et les récits babyloniens, ainsi que les objets et les sites archéologiques. Tout ce est accompagné d’une introduction détaillée et de lignes directrices quant à leur interprétation. Cette collection constituera sans doute une ressource majeure pour tout étudiant de l’histoire persane, du niveau de premier cycle à l’érudit avancé.

Amélie Kuhrt (née en 1944) est une historienne spécialiste de l’histoire de l’ancien Proche-Orient. Elle a fait ses études au King’s College de Londresde l’University College de Londres et à l’OSS. Professeur Émérite à l’Université College de Londres, elle est spécialiste de l’histoire de la région sur la période entre 3000 et 100 avant Jésus-Christ. en particulier sur l’Empire assyrienbabylonienperse et séleucide. Elle a été co-organisateur de l’Histoire Achéménide Ateliers de 1983 à 1990. En 1997, son livre The Ancient Near East : c.3000-330 BC le prix annuel de l’ American Association d’Histoire James Henry Breasted pour le meilleur livre en anglais portant  sur n’importe quel champ de l’histoire avant l’an 1000.

Finding Jerusalem : Archaelogy between Science and Ideology par Katharina Galor

Pour l’exposition du samedi 14 avril 2018 à la bibliothèque de l’EBAF, je vous propose ce rapide compte-rendu d’une des nouveautés.

Les découvertes archéologiques à Jérusalem captent l’attention des médias du monde entier. La recherche continue des vestiges archéologiques de la ville ne vise pas seulement à définir le passé de la Terre Sainte ou à déterminer son héritage historique. Dans le contexte du conflit israélo-palestinien, la recherche archéologique a aussi pour objectif de légitimer – ou de saper – des revendications nationales. En comblant le fossé toujours croissant entre les représentations populaires et la littérature spécialisée, le livre Finding Jerusalem offre une vue complète des politiques archéologiques menées dans la ville. À travers une vaste enquête sur les preuves matérielles, Katharina Galor éclaire le contexte juridique complexe et les préceptes éthiques qui sous-tendent l’activité archéologique et le discours sur le «patrimoine culturel» de Jérusalem. Ce livre répond au besoin pressant de démêler la documentation historique  issue des aspirations religieuses, des ambitions sociales et des engagements politiques qui en façonnent l’interprétation.

L’ouvrage retrace aussi l’historique des premières institutions archéologiques à Jérusalem depuis le XIXe siècle (p. 84-92). Le musée, la bibliothèque et la photothèque de l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem, considérée comme la plus importante de sa catégorie au Moyen-Orient, ont ainsi contribué à sa haute renommée au sein de la communauté des chercheurs (  » The archeological museum as well as the specialized library and the photo archives, considered the largest of their kind in the Near East, contribute to the high research profile of the École biblique  », p. 85).

Katharina Galor (née en 1966) est une archéologue israélienne d’origine allemande spécialisée sur Israël, la Palestine et la Syrie anciennes, notamment des périodes romaine et byzantine. Elle enseigne actuellement à l’Université Brown. En explorant les connexions entre le matériau d’enregistrement, l’origine ethnique et l’appartenance religieuse, elle a travaillé sur les fouilles archéologiques au Levant : à QumranSepphorisTibériade, et JérusalemSes publications portent sur différents thématiques : le contexte archéologique de Qumran et les manuscrits de la Mer Morte, les différents couches successives d’habitation dans l’ancienne Jérusalem, l’urbanisme, les installations hydrauliques, les mosaïques, ainsi que l’architecture sacrée, officielle et domestique.

Le catalogage et wikidata aident à corriger les notices de la BNF

Lorsque je travaillais sur François Joffre, un archiviste languedocien du XVIIe siècle, j’avais déjà eu l’occasion d’écrire à la BNF, de sorte que la notice du feudiste ne soit plus confondue avec celle de Francis Joffre, un médecin du XXe siècle, et que lui soit ainsi rattaché la paternité des manuscrits cotés Languedoc-Doat 249-257, conservés au site Richelieu de la BNF et que j’avais eu le privilège de consulter. La correction avait ensuite correctement été répercutée sur l’IdRef et le VIAF.

Ferdinand Brettes

Tout récemment, le catalogage d’un ouvrage à la Bibliothèque de l’École Biblique de Jérusalem m’a à nouveau permis de signaler une erreur à la BNF et d’améliorer les notices d’autorité en supprimant les doublons.  Il s’agit d’un ouvrage du début du XXe siècle, l’Homme et l’Univers dont l’auteur était un prêtre ésotériste Ferdinand Brettes également appelé le ‘’chanoine Brettes’’. Lors des étapes du catalogage, j’ai ainsi pu repérer les deux notices, les enregistrer sur wikidata et signaler le doublon via le formulaire BNF :

Bonjour, actuellement catalogueur à la bibliothèque de l'EBAF Jérusalem, je vous confirme que le chanoine Brettes [FRBNF16477403z] et Ferdinand Brettes (1837-1923) [FRBNF10649547] sont bien la même personne. Vous pouvez donc la rajouter comme forme rejetée et éventuellement procéder à la fusion de deux notices liées : [FRBNF43369432] et [FRBNF31871083] puisqu'il s'agit du même ouvrage ''L'Homme et l'univers''
Sources :
 Idref = https://www.idref.fr/151049467  / Wikidata = https://www.wikidata.org/wiki/Q49767777  / VIAF = https://viaf.org/viaf/24592421

Le département des métadonnées de la BNF m’a ensuite répondu pour me dire que la correction a été effectuée et qu’elle serait rapidement visible sur le catalogue en ligne :

Monsieur, Les notices d’autorité relatives à Ferdinand Brettes ont été dédoublonnées et la notice d’autorité restante a été corrigée ce jour. La mise à jour sera visible dans le Catalogue général de la BnF à compter du lundi 12 mars. En vous remerciant pour votre signalement. Très cordialement,

Département des métadonnées, Bibliothèque nationale de France

Hésychius d’Alexandrie

Cette semaine encore, j’ai signalé un autre doublon à la BNF, celui entre Hésychius d’Alexandrie et Hésychius le grammairien :

Bonjour, actuellement catalogueur à la bibliothèque de l'EBAF Jérusalem, il semble bien, et après confirmation des spécialistes de l'École Biblique que Hésychius d'Alexandrie (05..?-05..?) [FRBNF10569408] et Hésychius Grammaticus (05..-05..) [FRBNF12682950n] désignent le même grammairien grec d'Alexandrie ayant vécu vraisemblablement au VIe siècle. Vous pouvez donc procéder à la fusion de ces deux notices liées et rajouter éventuellement la forme rejetée.Cdlt

Sources :* Idref = https://www.idref.fr/066870496 (Forme rejetée : Hesychius Grammaticus)* Wikidata = https://www.wikidata.org/wiki/Q443510 (Alias en latin Hesychius Grammaticus)* WorldCat Identities = http://www.worldcat.org/identities/lccn-n91-031863/ (Alternative Names : Hesychios grammatikos Alexandreus)* Catalogue EBAF =http://biblio.ebaf.edu/cgi-bin/koha/opac-ISBDdetail.pl?biblionumber=496840

La réponse du département des métadonnées est encourageante :

Monsieur,
La notice d’autorité relative à Hésychius d’Alexandrie a été dédoublonnée ce jour.
La mise à jour sera visible dans le Catalogue général de la BnF à compter du lundi 19 mars.
En vous remerciant pour votre signalement.
Très cordialement,
Bibliothèque nationale de France
Département des métadonnées

J’ai la ferme certitude que l’intelligence collective permettra d’améliorer les bases de données. De la même façon que des wikimédiens, appelés aussi ‘’wikifourmis’’, contribuent librement à enrichir les données de wikidata, les catalogueurs des bibliothèques participeront à l’amélioration du catalogue général de la BNF ou de n’importe quelle autre bibliothèque.